Chacun cherche son twou !

L’exploration de grottes en Haïti par une équipe de spéléologues français n’est pas une activité anodine.
Il est attendu des habitants que nous expliquions notre activité, comme il est attendu d’eux qu’ils nous indiquent les entrées de grotte.

Replaçons-nous dans le contexte :

-une langue, le créole. Une langue dans laquelle le mot grotte, qui se prononce, ne signifie pas la définition qu’on lui prête en français. Nous nous arrêtons sur les termes twou-wòch ou twou-in ki fon, ampil. Ça doit normalement déboucher sur de la grotte intéressante du point de vue spéléologique.

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-une approche de l’activité différente : la spéléologie, évidemment, ça ne se fait pas trop. Les quelques expériences vécues par les habitants de Formon relève de l’accident : une vache est tombée dans un trou, ils ont sorti les échelles pour aller la chercher, ça continuait plus loin, mais là… ils n’y sont pas allés, voire même, ils l’ont bouchés.

-un ordre des choses à respecter : l’institution qui coiffe la gestion des grottes est le Bureau National d’Ethnologie, qui nous a délivré une autorisation de prospection pour un nombre limité de communes. Une fois sur le terrain, cette autorisation ne suffit pas. Il s’agit ensuite de rencontrer : les autorités territoriales locales ou CASEC, les responsables d’organisations locales, les propriétaires des terrains etc.

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A Formon, nous sommes éloignés de la commune de Chantal à laquelle la section est rattachée, alors les rencontres qui se sont déroulés en bas du morne, sont à recommencer une fois sur le plateau, puis pour l’ensemble des quartiers situés plus haut.

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Une fois ces 1300m. de dénivelés d’explication passés, les réactions varient. Dans l’ensemble, chacun se met à chercher son trou dans son terrain pour nous le montrer. Après plus de dix jours d’expédition, près d’une quarantaine de trous ont été visités : aucun d’entre eux ne nous permet de pénétrer ce plateau jusqu’à présent, mais nous sommes patients. La résurgence repérée, Tèt l’Acule, est bien là, et son débit est impressionnant.

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