L’abécédaire d’Anba Macaya – 3ème chapitre: Des trous, des trous et encore des trous!

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.
Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

En 6 semaines, l’équipe a repéré une centaine de cavités, et en a suivi 95. Nous vous l’avions dit la semaine passée, malgré les nombreux loisirs à notre disposition dans le Parc (chapitre 2), nous n’avons pas chômé!

B comme Beaucoup (de trous)

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La plupart des gouffres sont bouchés et l’exploration s’est faite dans la journée.

Le plus profond, le Trou Zombi, est un gouffre de 95m de fond, les autres s’échelonnent entre 60 et 20 m de fond, et il y a d’innombrables petits trous de 15m. Nous avons tout de même parcouru quelques rivières souterraines, mais nous avons été arrêtés rapidement sur des siphons.

Le méga collecteur tant attendu, qui aurait débouché à la résurgence, est très certainement noyé. C’est en plongée que devra se faire l’exploration.

 

Nous avons aussi découvert de nouvelles unités de mesures… what the f..?

F comme Fond

 « Li fon ? » (Est-ce que c’est profond?) est LA question que l’on pose au guide avant qu’il nous emmène vers un puits. Invariablement, sa réponse sera : « Anpil ! ». (Beaucoup !)

Nous découvrons ainsi la relativité.

« Li fon » pouvait en effet aussi bien correspondre à un puits de 5m qu’à un puits de 65m. Au-dessus d’un trou dont on ne voyait pas vraiment le fond à cause de la densité de la végétation, l’un de nous jetait une roche et chronométrait la chute. Cette technique, les Haïtiens l’utilisaient déjà, et ils étaient parfois en mesure de nous donner ce temps.

A Grassya, un guide nous a promis un puits dans lequel les roches jetées chutent pendant 2 heures. Olivier a lancé une roche, qui a arrêté sa course au bout de 2 secondes. Il a regardé un peu perplexe le guide, qui lui a répondu avec aplomb : « 2 heures, je vous l’avais dit ».

 

Et puis, nous ne pouvions prévoir le C. Le C comme…

« Ça queute»

 caqueute

Le classique ! Poursuivre la progression dans une très grande majorité des puits explorés a malheureusement été impossible. Pour certains d’entre eux, le courant d’air était perceptible, mais les étroitures étaient réservées à de mignonnes souris.

 

Déçus, nous nous sommes jetés sur le

T comme Toboggan

canyon

Ou comment aborder le sujet brûlant des canyons, nos jolies découvertes de cette expédition spéléologique. Le plus chouette et le plus impressionnant est celui de la ravine Casse-Cou, qui n’avait probablement jamais été descendu, en raison d’un premier puits de 20 mètres. Topographié une première fois par Matthieu et Jeff une semaine après le début de l’expédition, l’ensemble de l’équipe le descendra un lendemain de crue 4 semaines plus tard, en emmenant avec eux un Haïtien et un Français qui travaillent tout deux pour le Parc Macaya.

Il y avait suffisamment d’eau pour profiter pleinement de ces structures naturelles tel le toboggan, le grand bain, le plongeoir et le jacuzzi. Un parcours très ludique !

Malgré les aléas des profondeurs relatives, et les attraits des formes féminines et fraiches du canyon, nous avons pourtant poursuivi inlassablement notre exploration. Et avons parcouru de bien nombreux kilomètres, qu’il vente ou neige  (enfin, presque…).

Allez hop, la semaine prochaine on vous emmène en montagne. Stay tuned!

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