Petits découvreurs en baudrier

Jeudi 19 juin, c’était le jour J ! Une journée entière passée sous terre. Dans la Grotte des Cavottes.

« C’est sur qu’on a pouvoir sortir ? »  Le ton oscille entre l’affirmation et la question. Entre le défi et la crainte. Dans cette journée unique pour eux, les élèves découvrent le noir complet. Pas de filet de lumière sous la porte, pas de clignotant de réveil électronique ou de boîte ADSL. Pas de lampadaire derrière les volets. Du noir plus noir que … noir.

Nos petits explorateurs en baudrier découvrent le milieu souterrain

Nos petits explorateurs en baudrier découvrent le milieu souterrain

La veille déjà ils avaient eu une « mise en bouche ». Un premier test. Certains avaient vraiment apprécié, d’autres… moins.

« Moi j’ai adoré le noir, et quand on a fait le silence complet aussi. On entendait juste des goutes d’eau tomber. Ça change de la maison, ou il y a toujours du bruit. »

 

 

C’est l’occasion de renforcer les valeurs d’entraide dans le groupe, et de comprendre que dans un tel milieu, c’est la solidarité et l’esprit d’équipe qui prévaut.

Marie-Pierre aide les élèves à progresser sur la main courante, avant la descente du puits

Marie-Pierre aide les élèves à progresser sur la main courante, avant la descente du puits

 

La progression et le passage sur corde sont d’autres moyens de mettre ces valeurs en pratique. Une main qui aide à avancer dans un passage étroit. Une pression de l’épaule pour rassurer le camarade. Attendre les retardataires. Répéter les consignes de sécurité et de respect du milieu aux autres.

 

Forger un esprit d’équipe. Attention à la punition pour ceux qui ne jouent pas selon les règles du jeu.

Au-delà de la sécurité, une autre consigne est tout aussi essentielle : il s’agit de préserver le milieu. Les grottes sont fragiles, et il faut les respecter.

Sur une bâche protectrice, ils s'apprêtent à déguster un premier repas sous terre. Une toute nouvelle expérience!

Sur une bâche protectrice, ils s’apprêtent à déguster un premier repas sous terre. Une toute nouvelle expérience!

En mangeant leur déjeuner installés sur une bâche plastique déposée au sol, les élèves ont appris qu’aucun déchet ne peut rester sur place.

Et ils retenu que rien ne peut être prélevé, sauf pour des fins d’étude scientifique agréée. Non, on ne peut pas ramener à la maison un petit bout de stalactite pour montrer au grand frère ou la petite sœur. Ils devront venir voir par eux même les merveilles intactes du milieu souterrain.

 

A la fin de l’expérience, ils sont contents d’eux, fiers de leur exploit. Et la maîtresse n’est pas en reste.

La spéléo, quelle drôle d'activité!

La spéléo, quelle drôle d’activité!

 

Les exclamations « Je n’ai plus peur d’entrer dans une grotte maintenant. Ni du noir ! » font écho au sourire de la maîtresse.

« Je ne suis pas mécontente d’avoir retrouvé la sortie ! Mais c’était très fort de partager ce moment avec eux. »

 

 

 

On pourrait penser que chargés de toutes ces émotions, de tous ces nouveaux apprentissages, nos chers bambins seraient juste prêts à se coucher en rentrant. Pensez-vous ! ils sont pleins d’énergie, ils courent à la piscine et même, ils prennent l’avion puis le bateau puis les chaussures de rando pour suivre les traces d’Olivier dans les grottes du Gabon.

Car les expéditions spéléologiques, elles ne se déroulent pas qu’en Haïti ou en Patagonie. Dans tous les pays, et sur le continent africain aussi. L’expédition Abanda, c’est une nouvelle occasion de réviser sa géographie, et sa biologie aussi !  Ils découvrent que des crocodiles orange (si si, ça existe) ont élu domicile au fond de ces grottes inhospitalières (« dites, c’est quoi le guano ? »).

Et un crocodile, c’est un mammifère ou bien ?? bon, on ne les piège pas si facilement ces enfants, on voit que Madame Rodrigues a travaillé sur la classification animale en classe.

Allez, au lit ! Demain il reste à découvrir les phénomènes karstiques de surface.

Les quoi ?