Archives de l’auteur : stephanie Jagou

L’abécédaire d’Anba Macaya – 2nd chapitre: La grande vie au parc d’attractions

A son retour, l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire. Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

Après nos estomacs et les moyens de régaler notre gourmandise, nous vous présentons nos loisirs, en quelques lettres choisies. Et il s’agissait d’activités…. survoltées!

V comme Voltage

l'électricité nécessaire pour recharger nos équipements de spéléo et de photo

l’électricité nécessaire pour recharger nos équipements de spéléo et de photo

L’utilisation de nos temps de loisirs: recharger les batteries. Sans jeu de mots.

L’électricité n’est que rarement disponible en H24 dans les villes haïtiennes, et reste absente des campagnes ; plusieurs solutions sont utilisées par les habitants tel que le mini-panneau solaire souvent dédié à la recharge du téléphone et au fonctionnement de la radio, et le groupe électrogène, souvent détenu par un notable qui se rémunère sur les recharges que les gens viennent effectuer chez lui.

Compte-tenu de la quantité d’énergie dont nous avions besoin quotidiennement pour la recharge des accus du matériel photo et de spéléologie, des amis d’Olivier nous avaient aimablement prêté leur groupe électrogène.

Toute la réserve d’essence et d’huile avait été amenée à notre arrivée, car une fois à Formon il était difficile d’en trouver.

 

Et puis, point besoin de TV, de cable ou de vidéos, quand dans le coin, sévit un groupe de musique très en vogue… concerts en plein air, entrée libre!

R comme Rara

rara à Anba Macaya

rara à Anba Macaya

Le Rara est une pratique culturelle. Pour faire court, il s’agit d’un groupe de musique itinérant qui fonctionne surtout pour Carnaval. Mais dans les deux départements où nous nous sommes rendus à Anba Macaya, ce groupe anime aussi les moments d’entraide entre paysans dans les champs, une tradition appelés konbit.

Nous avons donc eu la chance d’assister à ces manifestations alors qu’un groupe d’habitants de Formon prêtait main forte à un autre dans son champ.

 

Mais soyons honnêtes, de temps en temps quand même l’appel de la civilisation se faisait sentir. Alors, pendant nos quelques journées de repos, nous faisions un saut au centre commercial.

S comme Sou-Bwa et son centre commercial

 soubwa

Sou-bwa se trouve à 35 minutes de marche au sud de Formon. C’est une zone d’intense activité à cause de son marché, 3 fois par semaine, qui peut attirer les chalands et les marchands jusqu’à 3 heures de marche à la ronde.  Sou-bwa, c’est aussi une zone qui reçoit les ondes de la téléphonie mobile. Et enfin, à Sou-bwa, vous trouverez en permanence un coiffeur, un couturier, un loto et un night-club ouverts jusqu’à 16h les jours de marché… bref, une véritable plaque tournante de la tablette aux cacahuètes.

Bon, nous n’avons pas fait que nous amuser à Anba Macaya!  Certains loisirs étaient bien plus studieux, n’est-ce-pas Olivier? Qui s’est amusé avec les

O comme Os  

Etude d'ossements d'animaux à Anba Macaya

Etude d’ossements d’animaux à Anba Macaya

Les animaux tombent dans les trous… cela arrive.  Nous avons déterminé sur quelques ossements retrouvés de quel animal il s’agissait. Dans le désordre, nous avons trouvé : des chiens, des vaches, des chevaux, des cabris, des rongeurs, des chauve-souris. Pas de trace d’animaux caractéristiques de la région donc.

 

 

Malgré toutes ces exaltantes activités extra-spéléo, nous avons tout de même pris le temps de repérer près d’une centaine de puits en à peine 6 semaines – c’est pas rien! Alors la semaine prochaine, nous vous emmenons avec nous, sous terre!

 

 

L’abécédaire d’Anba Macaya – 1er chapitre: le chemin vers le coeur (de la Terre) passe par l’estomac!

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.

Nous vous proposons donc quelques lettres pour commencer, dans le désordre, pour vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya. Le tout en 7 chapitres.

Allez hop! comme au scrabble, on tire les lettres. Et nous commencerons donc par ….. nos estomacs! Parce que nous avons mis beaucoup de coeur à notre tâche.

G comme Gran Gou

la chèvre cuit tranquillement

la chèvre cuit tranquillement

 « M’gran gou » signifie en créole : j’ai faim. Lors de notre première semaine à Formon, nous avions laissé de l’argent à Manne, notre cuisinière, pour des courses pour 6 personnes. Le repas de midi était systématiquement sauté car nous étions sur le terrain, et le soir quand nous rentrions, nous nous jetions sur le plat qu’elle avait préparé. Nous avions systématiquement un peu faim en allant nous coucher.

Au bout de 4 jours, Marie-Pierre, qui avait géré ces aspects, s’est rendu compte qu’elle avait fait une sérieuse erreur dans ses conversions monétaires, et qu’elle avait donné pour 6 personnes le budget que l’on utilise pour 2 personnes…

Nous poursuivons avec le

J comme « Ji »

Ou jus de fruit en français… on en a eu des quantités! Chaque jour en fait. Des jus de citron, d’orange, mais surtout de chadèques (le pamplemousse local), des jus de goyave aussi, et des fruits de la passion qu’ils appellent « grenadia ».

et un petit dernier, pour la route parce que vraiment on l’M

M comme « Muroise »

muroise, par Jean-François Fabriol

muroise, par Jean-François Fabriol

LE fruit d’Anba Makaya.  Le long des chemins, comme une récompense du retour, nous faisions souvent une pose pour goûter des mûres qui avaient le goût de framboises.  Les Haïtiens les appelaient tour à tour cerise (mais ce nom servait aussi pour d’autres fruits) ou mir.
On s’est dit que Muroise était disponible, et plus doux que Frambûre.

Bon, on se trouvait Hot, mais après quelques recherches au retour… déception: muroise a déjà été repérée et le mot a été homologué par l’Académie française au siècle dernier! Avec une définition qui correspond exactement ce que nous avons proposé…

 

La semaine prochaine, on vous dévoilera nos loisirs à Anba Macaya….  scientifiques ou en musique!

Déambulation en terre haïtienne

L’association «L’arbre et la pierre » s’intéresse à tout ce qui va contribuer à « former l’esprit ». Elle propose des sorties sur le terrain pour découvrir le riche patrimoine de la région du Quercy tous les domaines. Eclectique et curieuse, cette association organise tous les ans une conférence sur un sujet qui passionne un de ses adhérents et membre de l’expédition Anba Macaya, verticales souterraines : Jean-François Fabriol, qui réside dans le Lot.

En lisant les articles du blog, vous avez certainement compris que Jean-François est photographe, qu’il a beaucoup d’images et qu’il aime les commenter.

« J’ai suggéré de raconter ce que j’ai vu en Haïti au cours de mes 4 séjours dans ce pays mal connu, que j’ai arpenté à la recherche de « twou woch *»  » mentionne Jean-François.

« J’ai devant moi une semaine et plusieurs milliers de photos pour préparer cette conférence photographique dont voici l’affiche. »

Déambulation en terre haïtienne, une conférence par Jean-François Fabriol

Déambulation en terre haïtienne, une conférence par Jean-François Fabriol

*trou roche, c’est-à-dire grotte en créole

Communiqué de presse de fin d’expédition

Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous…

Ils se sont cassés les dents sur le lapiaz, mais ils ont découvert un majestueux canyon.

De retour de l’expédition, les membres de l’équipe partagent leurs découvertes. Douloureuses démangeaisons, foulures et autres menues blessures sont reléguées au rang des souvenirs. Reste la performance sportive, en seulement 6 semaines, de la découverte d’une centaine de gouffres. Et le récit en images d’une épopée humaine dans les entrailles de la Terre.

Communiqué de fin d’expédition Anba Macaya

Photos libres de droit pour illustrer un article lié à l’expédition. Nous contacter pour toute autre utilisation.

Matthieu Thomas découvre le canyon de la Ravine Casse-cou. Photo: Jean-François Fabriol

Matthieu Thomas découvre le canyon de la Ravine Casse-cou. Photo: Jean-François Fabriol

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La résurgence Tèt L’acul- Photo: Olivier Testa

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Pascal Orchampt découvre le gouffre Perdu, un aven borgne de 30 m de profondeur – Photo: Olivier Testa

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Rencontre avec les habitants de Sous-Bois – Photo: Jean-François Fabriol

Photos à l’appui, Marie-Pierre Lalaude Labayle présente aux habitants réunis les objectifs de l’expédition dans les grottes de la région.

 

Une épopée spéléo en Haïti à suivre sur Futura Sciences

Futura Sciences suit l’expédition sur son site www.futura-sciences.com

Retrouvez sur notre blog les articles publiés.

Les premières conclusions de l’expédition

Les spéléologues de l’expédition Anba Macaya ont quitté Haïti et le massif karstique qu’ils ont parcouru dans les trois dimensions pour en découvrir le réseau de grottes et de cours d’eau souterrain. Bilan : 95 gouffres explorés, trois rivières souterraines et des résurgences inconnues. Un regret : les spéléologues n’ont pas découvert la grande rivière espérée. En contact avec Futura-Sciences, les membres de l’équipe vous ont fait vivre leur aventure.

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Pascal Orchampt découvre le gouffre Perdu, un aven borgne de 30 m de profondeur – Photo: Olivier Testa

Les spéléologues dans les verticales souterraines

Les avancées de l’exploration après 4 semaines sur le terrain.

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Les secrets des grottes Haitiennes

Matthieu Thomas, géologue, nous explique la structure de ce grand massif karstique que l’érosion a trépané, arasant la partie supérieure et découvrant ainsi de profondes cavités creusées dans le calcaire par les eaux souterraines. A visionner ici: http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/geologie-exclu-video-anba-macaya2-secrets-grottes-haitiennes-49430/

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Une épopée spéléo en Haiti

Durant six semaines, l’équipe de l’expédition intitulée « Anba Macaya, verticales souterraines », va explorer un réseau inconnu de grottes et de rivières souterraines en Haïti. L’enjeu est géologique, géographique, économique et humain, dans une région peu explorée, riche d’une forêt primaire d’altitude.

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J’irai « chatter » sur vos tombes

1.8 4.3 3.4 1.2 0.4 650 129 0 0 0 0 …
Non, il ne s’agit pas des chiffres du loto Haïtien, la « Borlette ». Ni des données de topo de grottes.
C’est la vitesse de téléchargement en Kb/s de notre connexion Internet. Laquelle relève vraiment du jeu de hasard.

« Ce matin, la connexion est super bonne, j’étais en 3 G » ou  » Ce soir, c’est pourri, je n’ai même pas été capable de charger mes emails! » sont des phrases régulièrement prononcées au camp de base. Pour être honnête, la seconde phrase revient plus fréquemment…

Il est vrai que perchés en haut sur la montagne, au coeur de notre forêt tropicale, chercher à obtenir une connexion Internet 3G peut paraître incongru.
Mais ce n’est pas toujours facile de laisser derrière nous un Monde ou vivent nos proches et nos relations professionnelles. D’ailleurs, c’est souvent le Monde qui ne nous laisse jamais vraiment partir…

Ici, plus que jamais nous sommes à la merci des éléments, et la pluie complique véritablement les choses: il nous faut marcher 5mn et monter sur un morne voisin afin d’augmenter nos chances de connexion à l’antenne-relais. Pas question pour nous de rester confortablement installés dans notre petite maison verte et jaune, l’ordinateur posé sur la nappe de plastique transparent qui recouvre celle de dentelle blanche bon marché, notre derrière collé au plastique qui recouvre encore partiellement les lourdes chaises au dossier de fer à béton.

Mais quand les Lwas* nous soutiennent, nous pouvons envoyer facilement nos textes, nos photos, nos nouvelles. Et lire les vôtres avec joie. Il est vrai que notre lieu de connexion est au plus proche des esprits… Notre cybercafé est d’un type bien original: il s’agit d’un petit cimetière juché en haut du morne.

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Notre table de travail, c’est la tombe la moins délabrée, celle sur laquelle nous pouvons poser l’ordinateur sans peur qu’il tombe dans les débris d’une dalle abîmée par le temps. Celle sur laquelle les ménagères haïtiennes étendent le linge fraîchement lavé pour qu’il sèche au soleil. Celle qui accueille aussi les sessions d’écossage de pois-pays, ces haricots noirs qui accompagnent le traditionnel riz-pois. Celle sur laquelle, selon l’humeur (l’humour?), on peut déceler une sculpture de Napoléon, le glaive tendu à l’assaut sur son cheval, ou…

Cette tombe est le lieu de jeu des enfants, qui s’y amusent à cache-cache. C’est devenu le lieu de spectacle pour ces bouts de chou, lesquels, piqués d’une belle curiosité, viennent voir ce que ces « Blancs » peuvent bien fabriquer avec leur engin électronique. L’appareil de loin le plus techniquement sophistiqué qu’il leur ait été donné de voir à ce jour, peu comparable au téléphone portable ou à la petite radio qui quitte rarement l’oreille de certains. Les sourires s’élargissent à mesure que la timidité s’amenuise, et spontanément les rires fusent, musicaux.

Point n’est besoin ici de fleurir les tombes. Les fleurs abondent partout alentour. Pas question de visite annuelle, ou du recueillement occasionnel. Les tombent sont intégrées au quotidien de tous, font partie du monde des vivants à leur manière. Et accessoirement, elles nous soutiennent dans nos tentatives de connexion vers l’au-delà… des frontières géographiques et matérielles.

Stéphanie Jagou

*Lwas : esprits vodou

Jour de pluie

Au Canada, on appellerait ça un « snow day ». Symbolique journée de tempête de neige quand les routes sont tellement encombrées par ces centimètres de poudreuse accumulée que les écoles ferment.  Un « snow day », c’est un jour de plaisir dans l’or blanc, un jour de glissades, de ski, et de batailles de boules de neige. Une journée marquée par les rires, les bottes trempées jetées dans l’entrée et les doigts rougis par le froid que l’on réchauffe autour d’une tasse de chocolat chaud.

Dans notre aventure au Parc Macaya, un jour de pluie tropicale commence presque comme un « snow day ». Entendre le cliquetis régulier des gouttes qui atterrissent sur le toit de tôle de la maison ou qui glissent sur la toile de tente provoque une certaine euphorie, car on sait que l’on a gagné quelques minutes de rab’ de sommeil. Ce matin, le lever sera plutôt à 7h qu’à 6h00, chouette ! Voire, qui sait, on pourra prendre le temps de discuter et plaisanter tranquillement autour d’un café haïtien bien sucré en écoutant ces bruits du quotidien qui deviennent familiers.

La pluie qui coule du toit de notre maison à Macaya

La pluie qui coule du toit de notre maison à Macaya

C’est vrai que la pluie et l’exploration de grottes ne font en général pas bon ménage. Si on veut rester en sécurité dans les gouffres, a fortiori inconnus, on évite les jours de pluie tropicale.  Et puis, les chemins étroits de glaise rouge que nous empruntons au quotidien deviennent vite de terribles patinoires, qui promettent un atterrissage désagréable sur un lapiaz acéré!

Ce dimanche a donc été l’occasion d’une grasse mat’ pénarde pour ceux d’entre nous qui avaient pris un jour de repos. Rien dans ce ciel tristoune matinal et ces quelques gouttes de pluie ne laissait présager la tempête qui s’est ensuite déchainée.  Sous ces tropiques où l’on nous imagine suants, écrasés de chaleur, on nous sert pourtant une soupe chaude. Car quand la pluie ne discontinue pas dans la forêt nébuleuse, à quelques 900 mètres d’altitude, on a froid aux pieds. Alors on rajoute un pull et on stocke quelques calories supplémentaires pour se réchauffer. A 15h, c’est goûter de bananes écrasées au mamba*! Miam miam !!!

Mais quand la pluie bat tellement fort la tôle que le vacarme arrête d’autorité toute discussion ; que sous la tempête qui se déchaîne on découvre de nouveaux trous au toit de tôle,  nous forçant à déplacer plusieurs fois notre table dans la salle à manger pour éviter que les gouttes détrempent livres et ordinateurs, et que le ciel tourne au noir dès le début de l’après-midi, on se sent tout à coup plus proches de nos ancêtres qui croyaient que le ciel allaient leur tomber sur la tête. Les éclairs qui zèbrent le ciel et la foudre que l’on sent tomber tout proche ne sont pas rassurants.

Les rues sont moins fréquentées sous la pluie à Macaya

Les rues sont moins fréquentées sous la pluie à Macaya

Nous, les aventuriers qui poursuivons à longueur de journée l’eau pour découvrir son passage dans les profondeurs de la terre, nous cherchons maintenant à nous en protéger par tous les moyens. Nous voilà fermant portes et fenêtres pour éviter l’entrée intempestive de l’eau qui s’engouffre par vagues dans notre abri, portée par un vent rageur.

Pluie à Macaya en Haïti from Olivier Testa on Vimeo.

Pour notre bailleur, notre cuisinière (et moi-même…) une certaine angoisse croit à mesure que le jour avance. Le reste de l’équipe n’arrive toujours pas. Nous les imaginons trempés de la tête aux pieds, harassés de fatigue avec un programme pour la journée de quelques 30km de marche. Explorateurs chargés de tout leur matériel, avec en guise de provision, un avocat et quelques morceaux de pain. Selon les spéléos avertis, nous n’aurions du nous inquiéter qu’à partir du lendemain matin…

Il pleut il pleut bergère....

Il pleut il pleut bergère….

N’empêche, quand enfin ils sont là, vers 21h, c’est bien soulagés que nous accueillons ces courageux sur lesquels plus un seul centimètre de peau n’est sec. Nous allons vite devoir apprendre à composer avec cet élément naturel. La pluie ne discontinuera pas pendant 2 jours complets.

Stéphanie Jagou

(*succulent et indispensable beurre de cacahuètes haïtien pimenté)