Archives pour la catégorie Le journal

Mise à jour des explorations de terrain en cours d’expédition

L’abécédaire Anba Macaya – Dernier chapitre: Que de belles rencontres!

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.
Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

Participer à une expédition, c’est aussi et surtout l’opportunité de partager avec les habitants, de découvrir non seulement leur coin de pays, mais leurs habitudes, échanger avec eux, rire souvent. Et nous avons rencontré des personnes extraordinaires, qui resteront dans nos coeurs.

Et nous, c’est rien moins qu’avec une star internationale du rock que nous parcourrions les montagnes, loin d’être mornes en sa présence!

E comme Elvis

Elvis, dans toute sa splendeur et son chic des hauteurs

Elvis, dans toute sa splendeur et son chic des hauteurs

Elvis, Beaublanc, Bazile, Lemy, Merassaint, Gino, Nènè, Ezinor, Rosa etc. Ils ont été nombreux nos guides durant cette expédition, à se mettre en quête de trous !

 

Elvis cependant a toute sa place dans cet abécédaire. Outre son penchant pour les chapeaux colorés, son style vestimentaire impeccable – les chaussettes toujours assorties au tee-shirt – son don pour jouer de la contrebasse à une corde, il est aussi le véritable « bousolye » (homme-boussole) d’Anba Macaya.

 

Il connaît l’ensemble des chemins, des recoins, des cailloux, des arbres aussi de cette montagne. On parle souvent de déforestation en Haïti, mais à Formon se trouve un homme qui étiquette les arbres qu’il a planté pour suivre leur croissance et comprendre leur développement en fonction des espèces. Ça ne vous rappelle pas une histoire de Giono ?

Et pour ceux qui se demanderaient comment nous communiquions, croyez-en nos expériences, la langue n’est jamais une barrière pour qui s’intéresse à découvrir l’Autre.

K comme Kreyol

Le Kreyol : la langue locale. C’est un doux mélange d’ancien français, d’anglais, de langues africaines, d’espagnol aussi. Dans les mornes, à la campagne, il a bien fallu que l’équipe s’y mette un peu parce que les habitants ne parlent que rarement français.  Marie-Pierre le parlait déjà, Olivier et Stéphanie le comprenaient et Pascal et Jeff se sont concentrés sur quelques locutions essentielles, qu’ils ont vite maitrisées.

Jeff présente son matériel de photo à des Haïtiens fascinés

Jeff présente son matériel de photo à des Haïtiens fascinés

 

 

 

 

 

 

 

En tout, nous pouvons dire que nous avons plein de nouveaux Zanmi !

 

Celui-là est facile à traduire en français, non ?

Soirée photos de Jeff

Soirée photos de Jeff

 

 

 

 

 

 

zanmis

Merci à toutes et tous, et à bientôt!

Communiqué: L’expédition Anba Macaya, pour valoriser les valeurs éducatives de la spéléologie auprès d’une classe de CM1 de Strasbourg

D’où vient l’eau en bouteille ? Où va l’eau des égouts ?

C’est en parallèle de l’expédition spéléologique « Anba Macaya, verticales souterraines » que des élèves de CM1 de Strasbourg ont étudié le cycle de l’eau. De l’Alsace en passant par Haïti, ils ont poursuivi leur cursus scolaire en suivant cette épopée Caribéenne. Ils ne se doutaient pas que cela les mènerait sous terre, dans le Doubs !

Du 17 au 21 juin 2014, lors d’une classe verte organisée par Mme Anabelle Rodrigues, professeur des écoles en poste à l’école internationale Robert Schuman de Strasbourg, et coordonnée par la Fédération Française de Spéléologie pour qu’elle soit une classe pilote,
ces 25 élèves découvriront des grottes tout en réfléchissant aux moyens de préserver l’eau, cette ressource naturelle fragile.  Qui sait ce qui les attend au fond des cavernes ? 

De l’eau et des lettres

Tout commence avec l’idée d’une correspondance entre les élèves de la classe de CM1 de Madame Rodrigues et les membres de l’équipe de l’expédition spéléologique en Haïti, « Anba Macaya, Verticales souterraines » qui se déroulait du 21 septembre au 1er novembre 2013. Le projet évolue, et l’objectif est de relier l’étude du cycle de l’eau en milieu urbain – un sujet qui figure au programme scolaire – avec la présence de l’eau dans le milieu souterrain. Des origines de l’eau du robinet en passant par le devenir des eaux usées, les élèves se sont demandés d’où venait l’eau des sources et des grottes. Et de corde en descendeur, ils se sont intéressés à cette pratique méconnue, la spéléologie.

Rapidement, les idées fusent et un projet plus complet prend forme, car Mme Rodrigues est séduite par la multiplicité des apports de la spéléologie à l’éveil de l’enfant.

« La spéléologie permet de travailler dans des domaines disciplinaires très variés : Langue française, EPS et sciences, mais également environnement et développement durable, géographie, informatique… » souligne-t-elle. Et elle ajoute « Il s’agit de progression spéléologique certes, mais j’y vois surtout de véritables progressions dans le vivre ensemble ».

Une classe pilote pour la Fédération Française de spéléologie (FFS)

Devant tant d’enthousiasme, de là à ce que l’initiative se transforme en une classe pilote nationale en matière de la promotion de la spéléologie en milieu scolaire, il n’y avait qu’un pas. Et José Mulot, Conseiller Technique National, l’a franchi. Pour le pôle développement de la FFS, cette classe de découverte de spéléologie est pilote car elle sera transposable tant sur la forme que sur son contenu à d’autres classes mais aussi aux Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) qui sollicitent souvent la FFS.

Des petits découvreurs en baudrier

Marie-Pierre Lalaude-Labayle, qui a déjà eu la chance de rencontrer les élèves deux fois en 2013 avec d’autres membres de l’expédition, se réjouit de cette classe verte. « L’équipe est très contente de partager son expérience avec les élèves. Leur curiosité et leur perspicacité sont incroyables et participer à un projet où l’école nourrit pleinement leur envie d’exploration nous fait extrêmement  plaisir ».

Gageons qu’à l’issue de cette classe, les élèves auront pu apprécier le fruit du travail millénaire de l’eau. Et ils devraient être en mesure d’établir le cycle de l’eau en milieu karstique, de la source à la résurgence. Ils partageront avec nous en cours de classe leurs découvertes et impressions, via des textes, des dessins et des témoignages vidéo. Nous pourrons alors leur demander de répondre à la question L’eau est-elle une ressource inépuisable ?

Contact: Stéphanie Jagou, Chargée des communications pour l’expédition, media@expedition-anba-macaya.fr   –    +33 (0)6 31 85 77 80

Des photos libres de droits sont disponibles sur demande. Le dossier de presse de la classe de découverte est téléchargeable ici: DP-Classe-pilote-speleo-juin2014

Pour en savoir plus sur l’expédition:

FB : Anba Macaya Verticales Souterraines

www.grottesdhaiti.org

L’abécédaire Anba Macaya : 6ème chapitre: Écoutez le professeur !

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.
Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

Chers élèves, nous commençons cette semaine avec une lettre oh! combien recherchée mais peu utilisée au scrabble…

Q comme « Quel beau métier, professeur »

Premier puits équipé par Stéphanie

Premier puits équipé par Stéphanie

 

Cette expédition comportait des spéléologues et des non-spéléologues. Avec une réduction des effectifs de 7 à 5 membres, il s’agissait de rapidement autonomiser tout le monde à la descente de puits en solitaire. Rapidement, Stéphanie et Marie-Pierre équipent des puits seules, grâce à des professeurs d’exception !

 

Un ti' moun découvre le matériel spéléologique

Un ti’ moun découvre le matériel spéléologique

 

 

Plus tard, l’équipe a installé une corde sur poulie à deux reprises sur des arbres, pour permettre aux Haïtiens d’apprendre la remontée sur corde avec le matériel de spéléologie. Les enfants ont adoré, les adultes étaient plus réticents.

 

 

 

Et enfin, au retour de l’expédition, Stéphanie, Marie-Pierre et Jeff sont allés à la rencontre des élèves de CM1 d’Anabelle Rodrigues de l’école internationale Schumann à Strasbourg, pour répondre à leurs questions sur l’origine de l’eau dans les grottes, les sensations en spéléologie et la dangerosité d’une expédition.

Présentation aux élèves de CM1 de l'école internationale de Strasbourg

Présentation aux élèves de CM! de l’école internationale de Strasbourg

L’intervention s’inscrit dans le cours sur le parcours et la gestion de l’eau de ces élèves. Superbes dessins des enfants, présentation de photos, curieuses questions et nombreux sourires ont ponctué les joyeuses heures passées ensemble. L’expérience se poursuit à l’été 2014 avec une classe verte dans le Doubs.

(Bientôt des nouvelles de cette nouvelle aventure, sur le blog.)

 

Nous avons passé de superbes moments en compagnie de ces jeunes et moins jeunes qui s’intéressent à leur monde souterrain et toutes les merveilles qu’il renferme.  Et nous avons fait de géniales rencontres …

Rejoignez-vous la semaine prochaine, nous vous présenterons nos nouveaux amis.

L’abécédaire Anba Macaya – 5ème chapitre: Quelques mignonnes difficultés

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.
Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

 

Aïe ! Ouille ! Ces doux petits cris ponctuaient régulièrement nos marches d’approche.

U comme Urticant

On ne touche pas!

On ne touche pas!

Tout indiquait sur certains végétaux leur propriété urticante, alors que d’autres, plus vicieux, attendaient un peu pour se déclarer sur nos pauvres peaux déjà maltraitées.  De sorte qu’il n’a pas toujours été possible pour nous d’identifier clairement leur antipathie à notre égard, et éviter de futures désagréables rencontres.

C’est ainsi que l’on avons tous été victime plusieurs fois de ces ennemis invisibles, et avons passé ensuite nos belles soirées « à se gratter la peau, à se gratter la chair, à se gratter jusqu’à l’os », comme l’écrivait Cendrars.

 

Mais ce n’est pas fini… car arrive le

X comme Xiphoïde

Marie-Pierre bartasse

Marie-Pierre bartasse

Xiphoïde désigne en botanique les appendices en forme de glaive… alors nous profitons du X pour revenir sur cette végétation dense qu’il a fallu attaquer à grands coups de machette pour pouvoir s’approcher des cavités.

Il faut dire que nous étions soulagés le jour où nous nous sommes occupés de cette tâche nous-mêmes, car souvent les Haïtiens, en nous débroussaillant le terrain, nous laissaient sur les rebords glissants des puits, des petits troncs d’arbuste bien aiguisés, bien pointus, bien parfaits pour se les planter dans le c…

et puis, nos petites misères, même en incluant des chevilles foulées, n’auraient pas été complètes sans cette phase devenue fétiche:

 

Y comme « Y a pas un ‘y’ dans Amoxiciline ? »

Olivier, qui a avoué « se sentir bien » dans cette étroiture, quand bien même il s'agissait de la ravine collectrice des eaux grises du village. Tournée d'amoxiciline pour tous à la sortie !

Olivier, qui a avoué « se sentir bien » dans cette étroiture, quand bien même il s’agissait de la ravine collectrice des eaux grises du village. Tournée d’amoxiciline pour tous à la sortie !

 

 

Un grand merci aux antibiotiques à large spectre qui en ont tiré d’affaire quelques-uns de l’équipe alors que leur mollet suintait et qu’ils continuaient de prospecter dans des rivières souterraines qui assuraient le drainage des eaux grises des habitations en amont !

Hein Pascal ?

 

 

 

 

Vous me croyez si je vous dis qu’il s’en trouve pour aimer ce genre d’aventure et de vouloir s’y lancer? Même les plus jeunes s’y mettent. On vous les présente la semaine prochaine.

L’abécédaire d’Anba Macaya – 4ème chapitre: la rando version 4×4

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.

Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

Sans être organisées militairement (vraiment pas!), nos journées commençaient tout de même avec ce doux commandement :

L comme « Lève-toi et marche » 

Les longues randonnées à Anba Macaya

Les longues randonnées à Anba Macaya

Ou la petite voix du matin de bonne heure. Une expédition d’exploration spéléologique, c’est beaucoup de temps passé à randonner, à crapahuter dans les mornes (les montagnes), à faire des kilomètres sous un soleil de plomb ou une pluie tropicale, à suivre les Haïtiens quand ils prennent des lignes droites qui font totale abstraction du relief… bref, plus de 1 000km parcourus par l’équipe en 6 semaines.

 

De quoi avoir les pieds échauffés. Bien, bien chauds.

H comme Hot hot hot !

En Haïti, il y a, de vous à nous, un important souci de thermostat. Ajoutez à cela l’humidité et vous obtenez quelques difficultés d’adaptation même pour les plus valeureux marcheurs.

Il s’agit donc de boire beaucoup. Mais l’eau représente un poids supplémentaire non négligeable. Alors nous repérons très vite les sources et les arbres fruitiers qui nous réhydrateront sur le chemin.  En même temps, parfois « il pleuvait à boire debout » comme dirait la québécoise parmi nous…

P comme Pluie

« Qui a choisi les dates de l’expé ? » demandait Jeff dès lors que nous étions pris sous une averse torrentielle et marchions trempés. Haïti est un pays tropical avec une saison sèche de Janvier à Juin et une saison des pluies de Juillet à Décembre. Plus précisément, il s’agit d’une saison cyclonique, et en 2013, elle promettait d’être sévère selon le National Hurricane Center. Heureusement, le pays en a globalement été épargné. Mais la pluie a fait partie de notre quotidien, sans que cela nous bloque vraiment pour explorer.

Au contraire, cela nous a permis de voir des petites résurgences qui seraient restées cachées par temps sec, et nous a aidé à mieux comprendre le fonctionnement hydrologique du bassin.

La ravine Formon, d'habitude à sec, s'est transformée rapidement en torrent

La ravine Formon, d’habitude à sec, s’est transformée rapidement en torrent

Mais la pluie nous a parfois empêchés de dormir cependant. Lorsque Jeff nous réveillait à 2h du matin pour essayer de comprendre – en s’aidant de toute la matière grise que nous avions de disponible à cette heure-là -, pourquoi les gouttes de pluie sont-elles plus denses et plus grosses dans les pays tropicaux.

Une question s’imposait alors à nos yeux endormis: « Qui a choisi d’emmener Jeff ? »

 

Et évidemment nos randos, ce n’étaient pas des ‘promenades du dimanche’… c’était plein de

W comme Wòch

Du caillou en créole, du lapiaz bien aiguisé, ce que nous étions venu chercher.

woch

 

 

De la culture du maïs dans le lapiaz, des pans entiers concassés pour permettre l’agriculture, des trous bouchés à grand renfort de pierres et débris végétaux, ce n’est par contre pas exactement ce à quoi nous nous attendions à cette altitude et dans ce coin d’Haïti.

 

 

Ca vous a plu? vous en voulez encore? attention, la semaine prochaine ça se corse…

L’abécédaire d’Anba Macaya – 3ème chapitre: Des trous, des trous et encore des trous!

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.
Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

En 6 semaines, l’équipe a repéré une centaine de cavités, et en a suivi 95. Nous vous l’avions dit la semaine passée, malgré les nombreux loisirs à notre disposition dans le Parc (chapitre 2), nous n’avons pas chômé!

B comme Beaucoup (de trous)

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La plupart des gouffres sont bouchés et l’exploration s’est faite dans la journée.

Le plus profond, le Trou Zombi, est un gouffre de 95m de fond, les autres s’échelonnent entre 60 et 20 m de fond, et il y a d’innombrables petits trous de 15m. Nous avons tout de même parcouru quelques rivières souterraines, mais nous avons été arrêtés rapidement sur des siphons.

Le méga collecteur tant attendu, qui aurait débouché à la résurgence, est très certainement noyé. C’est en plongée que devra se faire l’exploration.

 

Nous avons aussi découvert de nouvelles unités de mesures… what the f..?

F comme Fond

 « Li fon ? » (Est-ce que c’est profond?) est LA question que l’on pose au guide avant qu’il nous emmène vers un puits. Invariablement, sa réponse sera : « Anpil ! ». (Beaucoup !)

Nous découvrons ainsi la relativité.

« Li fon » pouvait en effet aussi bien correspondre à un puits de 5m qu’à un puits de 65m. Au-dessus d’un trou dont on ne voyait pas vraiment le fond à cause de la densité de la végétation, l’un de nous jetait une roche et chronométrait la chute. Cette technique, les Haïtiens l’utilisaient déjà, et ils étaient parfois en mesure de nous donner ce temps.

A Grassya, un guide nous a promis un puits dans lequel les roches jetées chutent pendant 2 heures. Olivier a lancé une roche, qui a arrêté sa course au bout de 2 secondes. Il a regardé un peu perplexe le guide, qui lui a répondu avec aplomb : « 2 heures, je vous l’avais dit ».

 

Et puis, nous ne pouvions prévoir le C. Le C comme…

« Ça queute»

 caqueute

Le classique ! Poursuivre la progression dans une très grande majorité des puits explorés a malheureusement été impossible. Pour certains d’entre eux, le courant d’air était perceptible, mais les étroitures étaient réservées à de mignonnes souris.

 

Déçus, nous nous sommes jetés sur le

T comme Toboggan

canyon

Ou comment aborder le sujet brûlant des canyons, nos jolies découvertes de cette expédition spéléologique. Le plus chouette et le plus impressionnant est celui de la ravine Casse-Cou, qui n’avait probablement jamais été descendu, en raison d’un premier puits de 20 mètres. Topographié une première fois par Matthieu et Jeff une semaine après le début de l’expédition, l’ensemble de l’équipe le descendra un lendemain de crue 4 semaines plus tard, en emmenant avec eux un Haïtien et un Français qui travaillent tout deux pour le Parc Macaya.

Il y avait suffisamment d’eau pour profiter pleinement de ces structures naturelles tel le toboggan, le grand bain, le plongeoir et le jacuzzi. Un parcours très ludique !

Malgré les aléas des profondeurs relatives, et les attraits des formes féminines et fraiches du canyon, nous avons pourtant poursuivi inlassablement notre exploration. Et avons parcouru de bien nombreux kilomètres, qu’il vente ou neige  (enfin, presque…).

Allez hop, la semaine prochaine on vous emmène en montagne. Stay tuned!

L’abécédaire d’Anba Macaya – 2nd chapitre: La grande vie au parc d’attractions

A son retour, l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire. Nous vous proposons donc en quelques lettres, dans le désordre, de vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya.

Après nos estomacs et les moyens de régaler notre gourmandise, nous vous présentons nos loisirs, en quelques lettres choisies. Et il s’agissait d’activités…. survoltées!

V comme Voltage

l'électricité nécessaire pour recharger nos équipements de spéléo et de photo

l’électricité nécessaire pour recharger nos équipements de spéléo et de photo

L’utilisation de nos temps de loisirs: recharger les batteries. Sans jeu de mots.

L’électricité n’est que rarement disponible en H24 dans les villes haïtiennes, et reste absente des campagnes ; plusieurs solutions sont utilisées par les habitants tel que le mini-panneau solaire souvent dédié à la recharge du téléphone et au fonctionnement de la radio, et le groupe électrogène, souvent détenu par un notable qui se rémunère sur les recharges que les gens viennent effectuer chez lui.

Compte-tenu de la quantité d’énergie dont nous avions besoin quotidiennement pour la recharge des accus du matériel photo et de spéléologie, des amis d’Olivier nous avaient aimablement prêté leur groupe électrogène.

Toute la réserve d’essence et d’huile avait été amenée à notre arrivée, car une fois à Formon il était difficile d’en trouver.

 

Et puis, point besoin de TV, de cable ou de vidéos, quand dans le coin, sévit un groupe de musique très en vogue… concerts en plein air, entrée libre!

R comme Rara

rara à Anba Macaya

rara à Anba Macaya

Le Rara est une pratique culturelle. Pour faire court, il s’agit d’un groupe de musique itinérant qui fonctionne surtout pour Carnaval. Mais dans les deux départements où nous nous sommes rendus à Anba Macaya, ce groupe anime aussi les moments d’entraide entre paysans dans les champs, une tradition appelés konbit.

Nous avons donc eu la chance d’assister à ces manifestations alors qu’un groupe d’habitants de Formon prêtait main forte à un autre dans son champ.

 

Mais soyons honnêtes, de temps en temps quand même l’appel de la civilisation se faisait sentir. Alors, pendant nos quelques journées de repos, nous faisions un saut au centre commercial.

S comme Sou-Bwa et son centre commercial

 soubwa

Sou-bwa se trouve à 35 minutes de marche au sud de Formon. C’est une zone d’intense activité à cause de son marché, 3 fois par semaine, qui peut attirer les chalands et les marchands jusqu’à 3 heures de marche à la ronde.  Sou-bwa, c’est aussi une zone qui reçoit les ondes de la téléphonie mobile. Et enfin, à Sou-bwa, vous trouverez en permanence un coiffeur, un couturier, un loto et un night-club ouverts jusqu’à 16h les jours de marché… bref, une véritable plaque tournante de la tablette aux cacahuètes.

Bon, nous n’avons pas fait que nous amuser à Anba Macaya!  Certains loisirs étaient bien plus studieux, n’est-ce-pas Olivier? Qui s’est amusé avec les

O comme Os  

Etude d'ossements d'animaux à Anba Macaya

Etude d’ossements d’animaux à Anba Macaya

Les animaux tombent dans les trous… cela arrive.  Nous avons déterminé sur quelques ossements retrouvés de quel animal il s’agissait. Dans le désordre, nous avons trouvé : des chiens, des vaches, des chevaux, des cabris, des rongeurs, des chauve-souris. Pas de trace d’animaux caractéristiques de la région donc.

 

 

Malgré toutes ces exaltantes activités extra-spéléo, nous avons tout de même pris le temps de repérer près d’une centaine de puits en à peine 6 semaines – c’est pas rien! Alors la semaine prochaine, nous vous emmenons avec nous, sous terre!

 

 

L’abécédaire d’Anba Macaya – 1er chapitre: le chemin vers le coeur (de la Terre) passe par l’estomac!

A son retour l’équipe à suivi l’excellente idée de Marie-Pierre, celle de faire un abécédaire.

Nous vous proposons donc quelques lettres pour commencer, dans le désordre, pour vous faire revivre avec nous cette extraordinaire expérience au coeur de la forêt haïtienne du Parc National Macaya. Le tout en 7 chapitres.

Allez hop! comme au scrabble, on tire les lettres. Et nous commencerons donc par ….. nos estomacs! Parce que nous avons mis beaucoup de coeur à notre tâche.

G comme Gran Gou

la chèvre cuit tranquillement

la chèvre cuit tranquillement

 « M’gran gou » signifie en créole : j’ai faim. Lors de notre première semaine à Formon, nous avions laissé de l’argent à Manne, notre cuisinière, pour des courses pour 6 personnes. Le repas de midi était systématiquement sauté car nous étions sur le terrain, et le soir quand nous rentrions, nous nous jetions sur le plat qu’elle avait préparé. Nous avions systématiquement un peu faim en allant nous coucher.

Au bout de 4 jours, Marie-Pierre, qui avait géré ces aspects, s’est rendu compte qu’elle avait fait une sérieuse erreur dans ses conversions monétaires, et qu’elle avait donné pour 6 personnes le budget que l’on utilise pour 2 personnes…

Nous poursuivons avec le

J comme « Ji »

Ou jus de fruit en français… on en a eu des quantités! Chaque jour en fait. Des jus de citron, d’orange, mais surtout de chadèques (le pamplemousse local), des jus de goyave aussi, et des fruits de la passion qu’ils appellent « grenadia ».

et un petit dernier, pour la route parce que vraiment on l’M

M comme « Muroise »

muroise, par Jean-François Fabriol

muroise, par Jean-François Fabriol

LE fruit d’Anba Makaya.  Le long des chemins, comme une récompense du retour, nous faisions souvent une pose pour goûter des mûres qui avaient le goût de framboises.  Les Haïtiens les appelaient tour à tour cerise (mais ce nom servait aussi pour d’autres fruits) ou mir.
On s’est dit que Muroise était disponible, et plus doux que Frambûre.

Bon, on se trouvait Hot, mais après quelques recherches au retour… déception: muroise a déjà été repérée et le mot a été homologué par l’Académie française au siècle dernier! Avec une définition qui correspond exactement ce que nous avons proposé…

 

La semaine prochaine, on vous dévoilera nos loisirs à Anba Macaya….  scientifiques ou en musique!